Evo­lu­ti­on des frais de per­son­nel dans la bou­lan­ge­rie-con­fi­se­rie

Une nou­vel­le hausse des frais de per­son­nel de­v­ra êt­re sup­por­tée

Sans les em­ployés con­sci­en­cieux et com­pé­t­ents, le ma­gasin ne fonc­tion­ne pas ou du moins pas aus­si bi­en. Les sa­lai­res du per­son­nel con­sti­tu­ent l’un des pos­tes fi­nan­ciers les plus im­port­ants, si ce n’est le plus im­portant, d'une bou­lan­ge­rie ou d'une con­fi­se­rie. Et ce n'est pas et ne se­ra cer­tai­ne­ment pas une si­né­cu­re pour les en­tre­pri­ses dans l'avenir.

Le cli­ent ent­re dans la bou­lan­ge­rie-con­fi­se­rie ré­gio­na­le et dé­ci­de de fai­re une pe­ti­te pau­se dans le ca­fé in­té­gré. Il es­pè­re adou­cir sa jour­née par une tran­che de gâ­teau à la crè­me et un cap­puc­ci­no. Des mains la­bo­rieu­ses ont tra­vail­lé et tra­vail­lent en­core dans l'arrière-boutique et dans le ser­vice pour répond­re aux so­u­haits du cli­ent à sa plus gran­de sa­tis­fac­tion. Des mains qui pré­pa­rent la pâ­te, font que les ma­chi­nes pé­t­ris­sent, pré­pa­rent la crè­me et le gla­ça­ge, me­s­u­rent, mé­lan­gent et en­fin créent une pe­ti­te œu­vre d’art qui est en­sui­te pré­sen­tée et van­tée au cli­ent dans les meilleu­res for­mes.

Dans une bou­lan­ge­rie-con­fi­se­rie ar­tis­ana­le, les frais de per­son­nel sont de loin le plus grand fac­teur de coûts. Après une ten­dance à la hausse con­stan­te ces der­niè­res an­nées, les coûts pour les em­ployés sont en­trés dans une pha­se de sta­gna­ti­on en 2017/2018. Tou­te­fois, on ne peut et on ne doit en au­cun cas par­ler d’un ren­ver­se­ment de ten­dance.

Cinq se­mai­nes de va­can­ces et un 13e sa­lai­re men­su­el pour tous

Au cours des an­nées pré­cé­den­tes, la ten­dance à la hausse était due à la nou­vel­le con­ven­ti­on collec­tive, en­trée en vi­gueur en 2016. Cet­te CCT pré­voy­ait no­tam­ment une cin­quiè­me se­mai­ne de va­can­ces pour les col­la­bo­ra­teurs for­més, ce qui a eu des con­séquen­ces par­ti­cu­liè­re­ment coû­teu­ses pour la bran­che de la bou­lan­ge­rie-con­fi­se­rie. Avec la der­niè­re con­ven­ti­on collec­tive de tra­vail, en vi­gueur de­puis 2019, cet­te cin­quiè­me se­mai­ne de va­can­ces se­ra éten­due à tous les col­la­bo­ra­teurs, y com­pris aux non qua­li­fiés. Sans comp­ter le 13e sa­lai­re au­quel tous les em­ployés ont droit. Une nou­vel­le aug­men­ta­ti­on des frais de per­son­nel n’est donc guè­re évi­ta­ble pour ces pro­chai­nes an­nées.

Êt­re vi­gi­lant et agir au plus tôt

L'extension du champ d'application à tous les em­ployés, décri­te ci-des­sus, est l'une des plus gran­des nou­veau­tés. Tou­te­fois, d'autres mo­di­fi­ca­ti­ons, tel­les que cel­les re­la­ti­ves à la du­rée du cont­rat et à la pé­ri­ode d'essai ou à l'assurance in­dem­nités jour­na­liè­res pour ma­la­die, doiv­ent aus­si êt­re pri­ses en comp­te au plus tôt et il faut au be­soin prend­re des me­s­u­res. SBC Fi­du­ci­ai­re SA sou­ti­ent les bou­lan­ge­ries et con­fi­se­ries ar­tis­ana­les en tant qu'employeurs dans la mi­se en œu­vre de la CCT 2019, afin d'éviter des con­flits ju­ri­di­ques inu­ti­les ent­re em­ploy­eurs et em­ployés ou des dif­fé­rends avec la Com­mis­si­on pa­ri­taire des bou­lan­gers-con­fi­seurs.

Au cours des cinq der­niè­res an­nées, les frais de per­son­nel dans les bou­lan­ge­ries et les con­fi­se­ries ont aug­men­té de plus de 2% du chif­fre d'affaires, à 47,3%. Ce­la cor­re­spond à une aug­men­ta­ti­on des frais de per­son­nel de plus 4% du­rant cet­te pé­ri­ode. Cet­te évo­lu­ti­on a con­tri­bué à la fer­me­tu­re de nom­breu­ses en­tre­pri­ses de bou­lan­ge­rie-con­fi­se­rie.

Mê­me pour les en­tre­pri­ses avec ca­fé ou re­stau­rant, on a con­sta­té ces der­niè­res an­nées une hausse des coûts sala­ri­aux à 49.5% pour les bou­lan­ge­ries-con­fi­se­ries avec ca­fé et à 49.3% pour les bou­lan­ge­ries-con­fi­se­ries avec fi­lia­le. Tou­te­fois, ce der­nier chif­fre était un peu plus fai­ble car la cin­quiè­me se­mai­ne de va­can­ces avait déjà été in­tro­du­i­te à une date an­té­ri­eu­re dans les en­tre­pri­ses en ques­ti­on.

Une chan­ce pour la bran­che

Pour ne pas som­brer sans bruit et dis­pa­raît­re de la scè­ne de la bou­lan­ge­rie-con­fi­se­rie, il vaut la pei­ne de repen­ser et, si né­ces­saire, d'adapter le con­cept prop­re et in­di­vi­du­el de l'entreprise ain­si que sa stra­té­gie. A l'ère de la mon­dia­li­sa­ti­on, de l'accélération et de la mo­bi­lité ain­si que de la mo­der­ni­sa­ti­on tech­no­lo­gi­que, les bou­lan­ge­ries-con­fi­se­ries ar­tis­ana­les peu­vent s'enorgueillir de so­li­des con­nais­san­ces spé­cia­li­sées et d'un sa­voir-fai­re ar­tis­anal com­pé­tent. Des val­eurs tel­les que la tra­di­ti­on, la pa­trie, l'origine et le sen­ti­ment de sé­cu­rité pren­nent de plus en plus d'importance. Ain­si, le cli­ent, qui, es­pé­rons-le, est ex­trê­me­ment sa­tis­fait après avoir dé­gus­té sa tran­che à la crè­me et son cap­puc­ci­no, re­vi­en­dra vo­lon­tiers et très bi­en­tôt dans la bou­lan­ge­rie-con­fi­se­rie de son choix pour se dé­tendre et fai­re plai­sir à son pa­lais.